SAT Fest 2013, Montréal

Le SAT Fest est une sélection de courts-métrages avec son et lumière immersifs destinés à être joués dans la SATosphère, nouveau dispositif de spatialisation audiovisuelle de la Société des Arts Technologiques de Montréal.
 


 

La SAT, ou Société des Arts Technologiques de Montréal, a été fondée en 1996 pour développer les technologies intéractives, immersives, et de réalité augmentée. À l’instar de l’IRCAM elle présente une double fonction recherche/création et en mettant à disposition des artistes ses ressources scientifiques et technologiques, elle permet un échange entre art et science qui ouvre de nouvelles portes aux artistes tout en boostant la recherche scientifique dans ce domaine.
 

La grande particularité de la SAT c’est sa SATosphère : un dispositif de projection audio et video mettant en jeu 8 projecteurs vidéos mappés sur plus d’une demi-sphère (230° en élévation et 360° en azimuth, voilà vous savez tout, en gros comme une sphère que l’on aurait coupée un peu plus bas que l’équateur), et 157 haut-parleurs répartis sur l’ensemble de la surface. Cela permet des degrés de surround allant jusqu’à 39.1, qui donne une idée de ce qu’on arrive à faire en termes de spatialisation dans cette petite sphère de 9 mètres de rayon. Le public est assis par terre sur des espèces de boudins, comme ça on peut s’avachir voire se coucher et regarder la sphère au dessus et autour de soi, et se laisser complètement aller à l’immersion.
 


 

Mardi dernier c’était la première du SAT Fest 2013, ou sélection des meilleurs courts-métrages des résidences d’artistes à la SAT l’année passée, plus quelques films en plus. Il s’agissait de courts films ne dépassant pas les 10 minutes, tous très abstraits et expérimentaux. Les films étaient finalement tous très ‘geek’ quand on y pense, parfois allant jusqu’à faire l’éloge d’une culture gaming en mettant en scène les éléments du décor de Mario par exemple, ou en mettant en scène la Joconde en 8bit. La plupart s’en tenaient à faire évoluer des éléments géométriques et mathématiques – cubes, triangles, sphères, matrices, séries, etc. D’autres donnaient dans le cheesy insupportable avec des collages photoshop de végétaux et de ruines antiques dignes de ta petite sœur. Mais tous, absolument tous, avaient cette magie de l’immersion totale rendue possible par la projection sur la surface entière de cette plus-que-demi-sphère. Le son, par conséquent, passait malheureusement à côté parfois. Et malgré les possibilités incroyables qu’offrent une demi-sphère de 157 haut-parleurs, la plupart s’en tenaient à du 5.1 voire même en dessous, qui, je l’avoue, m’a un peu déçu. On sentait que la priorité était portée à la vidéo, ce qui est légitime puisqu’un tel système de projection est unique au monde.
 


 

Pour de bonnes photos je vous conseille d’aller ICI.
 

Parmi eux, un extrait de Time Is Noise, une création audiovisuelle dont l’image est signée Maotik et le son notre ami Fraction (on parlait ICI d’une de ses récentes sorties chez InFiné). Une création géométrique, monochrome, aléatoire, qui interroge la notion de bruit, tant sonore que visuel, plein d’allusions à ce qu’on appelle communément les “bruits parasites” comme sur un écran de télé, et mettant en scène leur distorsion, leur mouvement et leur spatialisation.
 


 

De ce qu’on peut en lire sur Soundcloud Fraction a utilisé des instruments acoustiques, et le tout a été processé et mixé. Y a-t-il des liens entre la manière dont ont été générés les sons de synthèse et les images de synthèse, c’est ça que j’aimerais savoir. Par exemple, y a-t-il eu un algorithme qui a partir de l’un on a généré l’autre, ou bien qui générait les deux à la fois, ce serait cool, non ? Réponse par l’artiste lui-même un peu plus bas.
 

Écoutez la bande son de Time Is Noise ici, dans son rendu stéréo :

 

On rappelle que Fraction et Maotik avaient déjà collaboré (d’ailleurs allez faire un tour sur le site de Maotik et rendez-vous compte qu’on a affaire à une grosse pointure – fun fact : son vrai nom est Mathieu Le Sourd, je trouve ça marrant pour un artiste vidéo) dans le cadre du festival Mutek de Montréal, référence mondiale (avant même le Sónar, malgré tous leurs efforts, mais ils n’ont que ce qu’ils méritent s’ils continuent à inviter Skrillex…) en termes d’arts numériques et créations audiovisuelles. Les bureaux de Mutek sont d’ailleurs à la SAT, bref tout ce petit monde est connecté. Ils y avaient produit Dromos, dont vous retrouverez plein de photos ICI.
 

Fraction :

Sur Dromos, le visuel et le son sont interconnectés et interragissent via des commandes OSC. On a en plus un systeme de led circulaire connecté. Le tout réagissant aux variations de bpm brusque que je contrôle en direct. Le visuel est généré en temps réel sur touch designer, le son tourne sur Reaktor 5 + Ableton/Max4L.

 


 


 

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