Robert Hood – Motor : Nighttime world 3

Sorti lundi dernier sur le label belge Music Man Records, le nouvel opus de Robert Hood, un des fondateurs d’Underground Resistance, nous raconte l’histoire de Détroit entre âge d’or, déchéance et renaissance. Motor : Nighttime world 3 ou une vision de Motor City tel un paradis perdu.
 
Maître en Techno minimale, le créateur de M-Plant Records nous livre, par sa musique, une vraie réflexion sur l’apogée de l’industrie automobile aux États Unis, son impact lors de sa chute et la reconstruction que mérite la capitale du Michigan.
 
Le lecteur et les liens sont là pour vous plonger dans l’ambiance alors n’hésitez pas !
Et pour commencer l’écoute, une petite citation de Laurent Garnier : “C’est génial que quelqu’un (Robert Hood) soit arrivé avec des morceaux aussi minimalistes à trouer le cul et faire péter les plombs aux gens. Je trouve ça simplement beau.”*
 

 
The Exodos, Motor City et Better life vous font entrer dans ce troisième album de la série Nighttime world, un projet commencé au milieu des années 90. On comprend, juste avec ces titres, que Robert Hood donne ici une réponse au documentaire de Julien Temple : Requiem for Detroit?.
 
Arrive alors The Wheel, un morceau sombre marqué par des claviers et des soupirs troublants. S’en suit Black Technician au titre si évocateur des origines sociales des DJs de Détroit.
  
Petite pause de mi-album et une anecdote en prime : l’approche musicale de Robert Hood a été changé par l’écoute de It’s like that de Run DMC* (le morceau fait désormais partie de la catégorie musiques de pub…).
 
Après l’évocation de la classe ouvrière noire, les connotations industrielles continuent avec Drive : the age of automation. Au début, on pense à Kraftwerk et à la fin, on revient aux USA avec Sharevari (du pur Détroit).

Les deux titres suivants Hate transmissions & Slow motion Katrina sont respectivement stressant et au ralenti. Détroit au plus bas en somme.
 
Mais l’album ne finit pas sur une touche négative. Le renouveau est pour bientôt, comme semble l’annoncer A time to rebuild et, comme le dit Rober Hood himself : “pour se créer un nouveau futur, Detroit a besoin de regarder au plus profond afin de pouvoir avoir une nouvelle vision et prospérer à nouveau. Tant qu’il y aura une graine, il y aura de l’espoir” *. Mention spéciale au projet Heidelberg dont voici une photo ci-dessous !
 

  
  
Et sinon ?
  
Envie de profiter de ça (et bien plus) en live, rendez vous au Time Warp Holland 2012 (08/12/12) pour écouter Robert Hood, Sven Väth, Gui Boratto, Extrawelt…
  
Pour parler d’un autre père d’UR, Jeff Mills, on ne peut que vous conseiller de suivre, ce soir (20h), son live en compagnie de l’Orchestre National d’Île-de-France à la Salle Pleyel (Paris) sur Arte.tv. Un petit avant goût de ce que cela va donner avec sa prestation sur The Bells avec l’Orchestre Philharmonique de Montpellier, au Pont du Gard (Nîmes).
 
De quoi patienter avant la sortie de “Sequence : a retrospective of Axis Records” en octobre : une véritable petite œuvre d’art composée d’un livre et de 30 titres centrés sur le label de ce pionnier de la techno…
  
 
  
* Sources (dans l’ordre chronologique d’apparition) :

  • Ariel Kyrou, Jean-Yves Leloup, Pierre-Emmanuel Rastoin et Jean Philippe Renoult. Global Techno Vol 1.1. SCALI (2007)
  • Christian Bernard-Cedervall. Interview de Robert Hood. Trax n°158 (2012)
  • Traduction de la citation originale de Rober Hood : “To make a new future, Detroit needs to look deep within to be able to see a new vision and thrive once more. As long as there is a seed, there is hope.”

 
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