N.A.M.E 2012 : Northern light

Pour la huitième année consécutive, la petite bourgade de Tourcoing accueille l’un des grands festivals électro français : j’ai testé pour vous ce week-end le “Nord Art Musique Électronique(excusez la qualité des photos).

 
Un petit track de Matador qui était au programme, pour accompagner votre lecture.

 

LE SITE : 5/5

OUI aux gigantesques hangars abandonnés

 

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Le principe de réaffectation de vieux hangars immenses a toujours fonctionné dans les festivals électro et fonctionnera probablement toujours. Le site de la Tossée n’échappe pas à la règle. Il s’agit en réalité de deux hangars d’usine mitoyens qui constituent deux grandes scènes. Une troisième scène est montée, elle, à l’extérieur.
 
Au bord d’une grande route à la périphérie de la ville, on a dû réveiller quelques betteraves mais pas beaucoup d’êtres humains. Le côté “paumé dans la campagne” a ajouté un peu au sentiment de dépaysement qui m’envahit dès que je vais dans le Nord. Bon, D’ACCORD, dès que je passe le périph’.

 
 

LA PROGRAMMATION : 4/5

OUI à la Techno / NON aux éléphants de la French Touch

 

De grands noms de la Techno étaient présents. Par exemple, Richie Hawtin ou Ellen Allien plantent le décor et vous font comprendre qu’on n’est quand même pas venu pour beurrer des sandwiches. Des artistes plus dans le vent sont sur la liste comme Gesaffelstein, Soul Clap ou encore Club Cheval… Mais aucun tremplin pour artistes à temps partiel. On regrette néanmoins la présence d’artistes comme Kavinsky ou Art Department pour leurs prestations médiocres.

 

On se demande également pourquoi avoir mis Nicolas Jaar à minuit le vendredi. Certains m’ont dit être venus exclusivement pour le voir. Une demi-heure de retard n’était pas de trop mais j’ai quand même pu vivre les mouvements de foule les plus violents de ma vie (après MOP au Transbo l’an dernier, quand même). Pour vouloir se rapprocher un peu il fallait soit être complètement arraché et foncer dans le tas, soit endurer un gigantesque presse-humain. Mais si on le prend à l’aise c’est plutôt marrant.

 

Une fois son live terminé il me reste une demi-heure pour entrer dans l’usine et aller voir ma pote (en fait non mais elle a toujours eu l’air super sympa quand je l’ai vue sur scène) Jennifer Cardini et l’un de ses petits sets de Tech-House bien sympathique. Au même endroit ensuite, Ellen Allien, que je voyais pour la première fois après sept ans d’adoration totale.

 
Ellen Allien

Ellen Allien

 

Et puis après, tout est allé très vite je l’avoue. Un tour dans l’autre scène intérieure, quelques minutes pour me rendre compte qu’il y a écrit “POUR UNE FRANCE QUI BOUGE, VOTEZ SEBASTIAN EN 2012″ sur les écrans au fond de la scène, quelques secondes pour fuir. Je me souviens de la nana à paillettes qui chantait par intermittence sur le mix d’Art Department entre deux gorgées de champagne, puis qui a disparu et s’est fait remplacer par l’un des DJs qui s’est mis (lui-aussi) à chanter, au grand malheur de tous. Je me souviens de Kavinsky qui malgré tout ne m’a pas vraiment séduit à enchaîner Nirvana avec Daft Punk. Ça sentait le vieux qui n’a pas grandi. HEUREUSEMENT, Simian Mobile Disco est arrivé et m’a fait oublier ces quelques petites mésaventures.

 

Mes manqués du vendredi : John Talabot, Maceo Plex.

 
Art Department

Art Department

 

Le lendemain, je rate Heartthrob et Matador, pour être resté trop longtemps devant Soul Clap qui a vendu pas mal de rêve et de bonne humeur. J’enchaîne avec Richie Hawtin que je voyais également pour la première fois et qui m’a beaucoup impressionné. Sans doute parce que je le classe dans la catégorie “DJ de légende”. De la bonne Minimale comme on en entend peu par les temps qui courent, tant la mode est de qualifier de Minimale tout ce qui ressemble à de la Techno.

 

Pour faire plaisir à mes amis je me suis tapé un bout de Gesaffelstein, mais j’avoue que je n’aime pas ça. Que ce soit son look ou son son, je n’ai pas de plaisir à écouter ça. J’ai l’impression d’être pris pour de la merde. Mais je sais que beaucoup l’admirent, alors je n’en dirai pas plus.

 

Pour finir, Ambivalent m’a offert un set un peu plus accessible et bien construit. À ce moment là, mes jambes ont dit STOP et je suis rentré me coucher.

 

Mes manqués du samedi : Heartthrob, Matador, Brodinski.

 
Ci-dessous un petit Ellen Allien / Nicolas Jaar … et ça repart !

 

LA SCÉNOGRAPHIE : 3/5

OUI aux installations néons / NON aux vidéos systématiques

 

Les deux scènes industrielles étaient très belles et sans trop d’artifices visuels, ce qui était fort appréciable. Ambiance rave mais sobre et qui laissait de la place aux artistes. Du plafond de la scène extérieure pendaient des néons agencés comme des nombres sur un écran digital, j’ai trouvé ça plutôt réussi.

 
Scène extérieure devant Nicolas Jaar

Installations de la scène extérieure, devant Nicolas Jaar

 

Les vidéos de fond de scène, en général, j’aime bien. Ça me fait toujours beaucoup d’effet. On a eu droit à toutes sortes de styles, du plus psyché au plus romantique. Mais ça perd un peu de son charme quand on retrouve la plupart des vidéos le jour suivant. Certaines servaient réellement d’élément de décor et c’était beau, mais d’autres (celles d’Ellen Allien par exemple) ne cessaient d’afficher le nom de l’artiste et faisaient de la pub pour le label. Celles derrière Nicolas Jaar se sont retrouvées derrière Soul Clap le lendemain, et étaient d’une bêtise sans nom. Ça ne rajoutait rien, au contraire ça distrayait. À croire que c’est un must aujourd’hui d’avoir quelque chose à regarder si le son nous gonfle dans un festival de musique. Et dire que l’an dernier, ils avaient acueilli le Modular Ship comme aux Nuits Sonores !

 
Scéno : Les écrans vidéo

Heu … ?

 
 

L’AMBIANCE : 3/5

OUI à l’eau plate / NON à la frénésie Jaaresque (dit le mec…)

 

Le vendredi, les gens étaient dingues. Énorme cohue vers minuit à l’entrée pour voir Nicolas Jaar. Population assez jeune, qui n’est venue pour beaucoup que le vendredi, pour se taper le combo magique Nico/Ellen/Simian. Mais de cette frénésie émanait néanmoins une sorte de tension, qui se manifestait par des sales regards ou des injonctions dans la foule. Je n’ai pas senti les gens super peace comme à Astropolis par exemple. Peut-être que le côté urbain et industriel du festival y était pour quelque chose (et peut-être que les Nuits Sonores étaient dans le même goût cette année), mais on était bien loin de l’énorme fête foraine de plusieurs hectares jonchée de cadavres béats. Le samedi on a senti plus de maturité, plus de connaisseurs peut-être. J’avoue cependant ne pas avoir collecté énormément de détails samedi, je n’irai donc pas plus loin.

 

J’ai aimé le sourire des videurs, des bénévoles, des barwomen avec leurs verres d’eau minérale gratuits.
 
Je n’ai pas aimé me faire insulter quand j’exprimais mon enthousiasme devant un set.
 
Et enfin, je n’ai pas aimé ne pas réussir à avoir une interview de Nicolas Jaar. J’y arriverai, d’ici quelques mois vous aurez une interview exclusive NJ pour REL, j’en fais le serment (en attendant on peut vous avoir des interviews d’autres mecs de Clown&Sunset, si ça vous dit écrivez-nous !).

 

Pour conclure, je suis quand même bien content d’être allé à ce festival dont j’entendais beaucoup parler depuis quelques années. Je le recommande aux bandes de potes technophiles, aux technovores solitaires, aux couples qui s’encanaillent, aux sorties en familles (parce que c’est mieux que Disneyland).

 

Et puis le Nord, c’est tellement exotique, vous comprenez…

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