Review : Wooky – Montjuïc

Quand on te demande ce que font les Espagnols en termes de musique électronique, qu’est-ce que tu réponds ? Moi je n’en ai aucune idée, à part citer quelques noms éparpillés. En tout cas ici, il y a un Catalan qui fait de l’IDM, perché sur sa colline.
 

Les bons artistes, faut pas en rater un seul morceau. Ça tombe bien, c’est le premier album. Tu pourras dire que tu connaissais depuis le début. Il y a juste un EP à écouter avant :
 

On a déjà présenté Wooky à nos chers lecteurs ICI. Son premier album nommé Montjuïc en hommage à la fameuse colline barcelonaise, rappelle combien l’artiste y doit le début de sa carrière prometteuse, notamment grâce au festival Sónar où il se produit chaque année en live avec le vidéaste Miki Arregui, aka Videocratz. Ça sort chez Spa.RK.
 

Le voici :

On a écouté Montjuïc et ça nous a plu. On aime la légèreté de chaque morceau. Pas d’excès, prends le temps d’écouter et ne te rue pas dans une recherche de l’excitation permanente. Pas besoin de te décoller les tympans pour te décoller du sol. Ici, on apprécie les lignes mélodiques à mesure qu’elles arrivent, et c’est comme si l’on regardait un tableau : la grille d’accords est là, tu connais les mélodies comme tes amies, les beats se sont déjà présentés, puis soudain tu te penches à nouveau sur le même paysage mais sous un autre angle. Et c’est ça, la contemplation : Un morceau, une idée solide, un projet musical, qu’on fait tourner dans sa tête et qu’on essaye d’explorer sous toutes les coutures.
 

De l’importance d’un beat bien construit dans la musique synthétique. Tout est très léché ici, et la palette des percussions utilisée est très séduisante. Des cliquetis cristallins aux glitches distordus, pas moyen de trouver une périodicité car le beat est suffisamment travaillé et changeant pour que tu t’y perdes. Ajoutée à cela la structure globale du morceau qui sort des cadres de l’ordinaire, et où l’artiste n’hésite pas à lancer de nouvelles idées 30 secondes avant la fin, et tu peux écouter le morceau une deuxième fois comme si c’était la première.
 


 

Mention spéciale pour “Thalassa”, son très gouleyant drop du début et sa franche touche drum ‘n bass. En cela elle se démarque un peu du reste de l’album qui est un poil plus expérimental, “Inheritance I” pour les généreuses nappes synthétiques et le côté progressif qui me donnent envie d’aller écouter ça en live, et “Recurrent Dream” pour le nouveau départ couleur Tetris en plein milieu.
 

Un début très prometteur, avec tout le crédit que l’on peut apporter à un artiste qui fait preuve d’une grande modestie mais qui n’a désormais aucune raison de rester sous l’aile du Sónar. Félicitations pour ton premier album, Albert, et longue vie au projet Wooky.
 

Et pour finir, un extrait du live Wooky + Videocratz au dernier Sónar Barcelone :

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