Monkeytown de Modeselektor

Il y a une dizaine de jours est sorti le clip Evil Twin du groupe Modeselektor. L’occasion pour nous de revenir sur leur album Monkeytown qui est incontestablement l’un des meilleurs albums de 2011…

 

Je me dois de vous prévenir Evil Twin est un morceau “à part”, très spécial, qu’il faut écouter plusieurs fois avant de pouvoir l’apprécier. Synthés agressifs, vocale robotique & diabolique, le track a de quoi faire peur mais est parfaitement mis en valeur par le clip réalisé par Dent.De.Cuir. Innovant, original et plutôt drôle, c’est ainsi que je décrirai ce clip qui sort du commun (je ne crois pas avoir vu un clip utiliser cette idée auparavant), tout comme le morceau qu’il illustre !

Mais parlons de l’album ! Tout d’abord, si vous ne l’avez pas encore écouté, vous vous devez de le faire dans les plus brefs délais ! Les deux berlinois ont réellement sorti un excellent album avec de très bons featurings : Thom Yorke, Miss Platnum, Bus Driver… Mais le nom de Thom Yorke devrait vous suffire à vous faire une idée de la qualité de l’album. Le chanteur et leader de Radiohead semble d’ailleurs s’être senti parfaitement à l’aise en travaillant avec eux car il est parvenu à transposer de manière parfaite l’univers musical de son groupe sur les synthés et rythmes électros de Modeselektor. Le résultat est assez époustouflant, au départ, je pensais même que j’étais entrain d’écouter Radiohead mais au final, le mélange de ces deux mondes est d’autant plus riche. Petit exemple pour illustrer mon propos, Shipwreck qui a eu le droit à un magnifique clip :

Néanmoins, ce qui me dérange avec Shipwreck c’est que (même si le morceau est sublime) on a l’impression d’écouter Radiohead, c’est pourquoi je vous propose d’écouter This (toujours un featuring avec Thom Yorke) qui a mon goût, rend honneur à la richesse de leur collaboration. On se rend alors compte que ces 2 morceaux forment un des piliers qui font de l’album ce qu’il est :

Changement de registre avec Blue Clouds et Berlin ft. Miss Platnum, deux morceaux qui filent la banane (c’est le cas de le dire). Le premier amenant une montée graduelle qui vous emmène haut, très haut, histoire de vous donner une idée de ce qui vous attend (excellent morceau d’ouverture donc) :

Quand à Berlin, le morceau a un excellent rythme, la voix de Miss Platnum vient se greffer en beauté sur les synthés du groupe pour créer une espèce d’osmose aussi incompréhensible que les paroles de la chanson…

German Clap & Grillwalker forment le troisième pilier qui donne sa cohérence et sa diversité à l’album (et donc sa qualité) puisque cette fois, les 2 tracks vous emmènent directement au coeur des boîtes de nuits berlinoises qui ont fait la réputation de la techno allemande. German Clap symbolise parfaitement tout cela avec un beat lourd, noir, qui se fait de plus en plus présent et insistant. Le tout accompagné de “clapotis” qui vous donnent l’impression d’être complètement déconnecté :

Grillwalker n’est que la suite logique de German Clap, cette fois vous planez vraiment et ma foi, que dire de plus… Fermez les yeux et laissez vous porter :

On pourrait terminer avec Green Light sorte de rappel mélancolique dans le même registre que les deux morceaux faits avec Thom Yorke :

Mais comme les deux singes font les choses bien, ils ont produit War Cry qui vient clôturer l’album en beauté sur le même modèle que Blue Clouds, c’est-à-dire avec une montée crescendo des plus efficaces. Le titre est d’ailleurs très bien choisi car écouter cet album est une expérience qui ne vous laisse pas indemne…

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