La chronique de Mathilde #1 : Field Day 2012

Comment passer le meilleur nouvel an de sa vie en 10 leçons. Conditions préalables* : résider à Sydney et posséder un ticket d’entrée pour le FIELD DAY, festival annuel du 1er janvier, repère de tout amateur de musique et de hype aux 3000 kilomètres à la ronde. *Offre soumise à conditions et dans la limite des stocks disponibles.

 

 

1. Tes fringues ultra-méga-précautionneusement tu choisiras – Avant même la musique, c’est le look coco qu’il te faut. Tout l’attirail bobo est de sortie : plumes dans les cheveux, tee shirt de concert (si tu l’as à l’effigie de Justice c’est double super) micro-short, sneakers ou bottillons grungy, body paint et surtout les lunettes de soleil, masterpiece de ton look. Less is more, n’oublie jamais que tu risques la mort si plus de 30% de ton corps est couvert. Ah oui, et évite les chapeaux. C’est relou au bout de 8 heures. Si si, crois moi !

 

2. Tes potes sur le volet tu trieras – La copine reloue qui veut s’asseoir tout le temps, qui a mal aux jambes ou qui est agoraphobe, on oublie ! Celle qui a sorti ses plus beaux atours et qui ne rêve que d’être en photo sur le site officiel le lendemain, on oublie ! Le pote qui descend une bouteille de sky avant de rentrer pour pas payer de verre et qui a la tête dans une poubelle à 15h à peine, on oublie ! Les inconnus qui te proposent de te porter sur leur épaules pour voir la scène alors qu’ils ne tiennent pas debout, on oublie ! Et non, tu n’essayes pas de te faire pote avec les mecs de la sécurité, ils ne te feront PAS passer backstage pour Justice de toute manière…

 

 

3. Calvin Harris tu n’applaudiras pas – Ouh, la déception. Je sais, c’est pas facile à croire mais voilà, il est mauvais ! Ecouter son album sur ton iTunes et le voir en live, c’est kif-kif, les gestes des bras en moins. Je m’étends pas sur le sujet, ça me fait mal au coeur rien que d’y penser.

 

4. Aux nouveaux groupes tu t’initieras – Belle découverte, NEW NAVY, quatre petits sydney-siders et leur EP Uluwatu. Un mélange indie-pop et musique du monde. Mention spéciale pour leur single Zimbabwe, petite merveille qui sera la bande-son idéale d’une journée ensoleillée.

 

 

5. Fier d’être français tu seras – Le drapeau tricolore était sur-représenté ce jour là, avec Busy P, Yuksek et last but not least Justice. On a eu droit à l’accent de merde, aux traductions mot à mot type « It’s the beginning of the end » (merci Yuksek !) et à la bonne musique made in France. Chauvinisme suprême : être la seule à hurler « Vous êtes des animaux » au bon moment sur Positif de Mr Oizo, quand Busy P passe la version australienne, à savoir « You are kangaroos ». Seuls les vrais savent…

 

6. En yaourt tu chanteras – Non, personne ne peux connaître l’album entier de Metronomy par coeur. C’est pas grave, tu fais comme tout le monde, tu sautes et tu cries sur les refrains. Le reste du temps, il y a de quoi s’occuper, il suffit de focaliser ton attention sur Oscar : rires garantis ! (NB : toute ressemblance avec Rain Man est fortuite.)

 

7. Ce que prend Alice Glass tu prendras – La chanteuse de Crystal Castle qui se jette dans la foule, cheville déjà foulée, avant même la fin de la première chanson de leur live : ça n’a pas de prix ! Pour tout le reste, il y a votre dealer.

 

 

8. Flight Facilities encore un peu plus tu aduleras – (comme si c’était possible) Entre leur remix de Cut Copy, James Curd, et le live de Jess pour Foreign Language, les deux mystérieux DJs dont on ne sait rien, si ce n’est la nationalité australienne, ont rempli la scène désertée par les rockeurs après le live de Cloud Control en moins de deux minutes. Ah oui, et l’un des deux est beau comme un dieu, mais bon, c’est un détail…

 

9. Tes forces pour la fin tu sauveras – Parce que devoir s’asseoir par terre entre deux canettes de bière pendant Justice parce qu’on a le dos en compote, c’est la lose (je ne citerais pas de noms).

 

 

10. La croix de Justice en sortant tu te tatoueras – J’aurais pu trouver une fin plus originale, je sais. Mais les deux frenchies ne te laissent pas le choix. Pas seulement une tuerie musicale (premier live en exclusivité inter-galactique de l’album Audio, Video, Disco, s’il-vous-plaît !) mais aussi une mise en scène à en faire trembler Mylène Farmer, avec croix gigantesques et orgues luminescents sortants d’amplis Marshall factices, mur de LED de 10 mètres de haut, « à coté Johnny au stade de France c’est un playmobil dans un évier ». Sur cette référence délicieusement beauf, je file chez le tatoueur.

 
 

Un grand un merci à Mathilde qui s’est portée volontaire (qui ne l’aurait pas fait ?) pour profiter de ce festival et nous en faire part mais aussi à Jeanne qui a réalisé l’illustration (son site web ICI).

 
 

En bonus, un petit aperçu du live de Justice (que vous pourrez voir le 25 mai prochain à la Halle Tony Garnier à Lyon) :

Crédits photos : Anna Warr & Patrick Stevenson
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