XXXY


XXXY est un de ces DJs qui ont pour parti pris de faire danser avant tout. Sortant des mroceaux principalement taillés pour le club, il réussi à mêler ses influences anglaises, sa terre natale, avec des sonorités House plutôt “happy” qui flattent l’oreille et finalement aussi bien dans son salon qu’au milieu d’une foule. On lui a posé quelques questions lors de son passage à Lyon.
 

 
C’est sûrement mauvais pour la concentration mais on préfère quand même accompagner votre lecture de cette interview avec une petite sélection de ses morceaux. On commence par “Got Me So”.


 
Comment t’es-tu lancé dans la musique électronique ?

Quand j’étais plus jeune je jouais dans des groupes, jusqu’à mon arrivée à l’université où j’ai arrêté. Du coup je me suis retrouvé seul avec toujours cette envie de faire de la musique et à ce moment là je me suis intéressé à la House, la Techno et la Drum & Bass. Il me semble que j’utilisais Reason au début, sur lequel j’essayais des trucs, j’expérimentais un peu. C’était surtout du au fait que je voulais continuer la musique, mais comme j’étais tout seul, c’était juste moi et mon ordinateur essayant de faire des reprises de morceaux que j’adorais. Mais c’était horrible et ça n’a mené à rien.

 
Quelles sont tes influences principales ?

J’étais à fond dans la Drum & Bass à cette époque. Ram Records, Dillinja, Andy C. Toute la D&B bien lourde que j’entendais en club les vendredi soirs (quand j’avais les moyens d’y aller).

 
Quel est ton processus créatif ?

Je commence par la rythmique, les drums, puis j’essaye de faire une bonne basse et je corrige des trucs de ci de là après. Ça ne marche pas toujours mais c’est ma façon de faire. Si je pars dans quelque chose de plus mélodique je vais ajouter des synthés et m’amuser jusqu’à ce que ça me convienne. J’enregistre ensuite sur Ableton et je travaille dessus. Si tout se passe bien, si les drums sont correctes, ça peut me prendre 6h pour faire un morceau et l’arranger. Bien sûr, ça peut prendre plus de temps, mais c’est généralement comme ça que ça se passe.

 

Est-ce que tu penses à la réaction de la foule lorsque tu produis un morceau ?

J’ai joué dans beaucoup de clubs ces dernières années du coup je sais comment les gens réagissent en général. C’est bizarre, mais du coup je n’y pense pas, ou du moins je n’en suis pas conscient. C’est toujours très agréable lorsque tu fais un morceau orienté “Club” et que la foule réagit bien. Donc oui, j’ai toujours ça quelque part dans ma tête mais parfois je produis juste ce qui me plait, en pensant que ça ne plaira pas forcément, seulement pour faire les morceaux sur lesquels j’aimerais danser si j’étais dans le public. On peut donc dire que j’y pense tout le temps j’imagine.

 
Tu expérimentes dans des directions assez différentes depuis tes débuts. Est-ce que tu as une idée en tête lorsque tu produis un morceau ? Quel est le point de départ d’une production ?

C’est assez rare que j’ai quelque chose de très précis en tête. Parfois j’ai des samples que j’ai envie d’utiliser qui vont me guider dans certaines directions. La plupart du temps c’est le chaos, jusqu’au moment où quelque chose en émane. Les idées surgissent de ma tête lorsque je produis, j’essaye de les mettre à plat. Ça sonne très bien dans ma tête et après avoir tout mis à plat c’est horrible. Je n’ai pas d’idées fixes ou préparées à l’avance. Je passe au moins 4 heures par semaine en studio, histoire de me maintenir à un certain rythme.

 

J’ai lu que tu étais à la recherche d’un(e) chanteur/chanteuse pour tes vocaux. C’est toujours le cas ?

Oui, j’y pense encore. Quelques projets ont été retardés. Je commence à être lassé de l’utilisation de samples tirés d’autres morceaux, ça serait beaucoup mieux d’avoir un chanteur ou une chanteuse qui ferait exactement ce que j’aimerais pour pouvoir l’utiliser après. L’idéal serait d’avoir un paquet d’enregistrements à l’avance. Après bien sûr, il faut payer pour cela, alors que même si dans des packs de samples il y a énormément de vocaux cheesy assez horribles, il peut tout de même y en avoir de bons. C’est donc une possibilité que j’envisage, ce serait bien d’avoir des vocaux qui seraient seulement à moi.

 

Depuis un moment il y a eu un certain regain d’intérêt pour les producteurs anglais. Quelle est ta réaction face à cette tendance ?

En Angleterre on a une bonne culture de l’underground. On a cette “club culture” depuis longtemps, surtout à Londres, qui est maintenant bien enracinée dans notre histoire et notre société. Il y a toujours tellement de sons différents, tout le monde veut faire les choses à sa façon. Il y a un appétit général pour la musique qui fait que tu peux jouer dans énormément d’endroits. Du coup les gens s’investissent, se rendent là où ça bouge, en reviennent et produisent chez eux. Parfois, il en ressort de la très bonne musique.

 
C’est une culture plutôt inspirante.

Oui j’imagine. Les gens essayent différents styles et sons. Tout se mélange, les frontières disparaissent entre les styles africains, jamaïcains, et la culture américaine et européenne. Il y a toujours des mouvements qui se créent et évoluent à Londres. Ça a toujours été une ville intéressante pour la musique et je ne pense pas que ça va changer. Il y a une certaine fierté dans tout ça, le fait d’avoir quelque chose de spécial.

 
Quels artistes recommanderais-tu en ce moment ?

J’écoute de vieux morceaux en ce moment, rien de bien intéressant. Sinon il y a un mec qui s’appelle Trikk, qui fait de très bons morceaux de club. J’aime beaucoup ce qu’il fait. Dernièrement j’ai vu Gerd Janson jouer, c’était incroyable, un des meilleurs DJs que j’ai pu voir. C’est un Dj brillant qui m’inspire beaucoup. Sinon je recommande Forest Swords et un artiste anglais qui s’appelle Arnaldo.

 
BONUS: Voici le report vidéo de la soirée ENCORE où nous avons pu interviewer XXXY :
 

 
 
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