Pethrol


Pethrol, c’est un trio de musiciens qui s’apprêtent, d’ici quelques semaines, à sortir leur premier EP. Un extra-play intitulé Black Gold, aux influences electro-pop/indie. Et c’est ce soir même que ces trublions sonores réunis à Lyon mettent une nouvelle pierre à leur projet, en sortant le clip de Chess, une song qui figurera dans l’EP. Rencontre avec Héloïse Derly, chanteuse multi-instrumentiste et compositeur du groupe.


Commençons par la genèse du groupe : comment Pethrol est né ? On imagine que les musiciens ne jouaient pas chacun dans leur coin et, par la volonté du Saint-Esprit, ces talents se sont réunis : quelle est l’anecdote de départ, toutes ces conditions qui ont mené à la création de Pethrol ?

Le groupe Pethrol s’est constitué il y a six mois environ. Il est né de plusieurs rencontres parallèles. J’ai rencontré Cédric Sanjuan, qui est aujourd’hui la personne qui m’accompagne à la fois dans la composition et sur scène à la batterie, durant un bœuf musical laissant place à l’improvisation. Nous avons pris du plaisir sur scène ensemble. j’étais en quête d’un projet neuf et novateur, la suite est arrivée naturellement, nous avons créé notre groupe.
Pour ce qui est de l’anecdote, j’avais rencontré Guillaume Héritier quelques mois auparavant lors d’une soirée déguisée organisée dans un manoir. Nous avions des amis en commun et nous avons bien accroché. Le temps a ensuite fait son chemin, Guillaume est devenu mon ami, il est désormais notre parolier, et se charge de diriger notre stratégie de communication et de développement.
Sont alors venus se greffer au projet notre ingénieur du son Nicolas Roulet, avec qui nous enregistrons systématiquement nos morceaux, et Grégoire Potin, qui est aujourd’hui notre booker attitré. Notre équipe est complémentaire, nous profitons des compétences spécifiques de chacun, ainsi notre travail se révèle efficace.

Du coup, un peu d’étymologie (qui sera peut-être redondante avec une question qui suivra) : pourquoi avoir baptisé le groupe Pethrol ? À quoi cela fait-il référence ?

Il y a plusieurs raisons qui ont amené le groupe à s’appeler Pethrol, celle que nous aimons à souligner est la référence sous forme d’hommage à Alain Bashung concernant son dernier album intitulé Bleu pétrole. Il a été un artiste et un homme que nous avons tous apprécié, et cet album en particulier est des plus intimistes et percutants.

Pethrol, c’est en même temps une forte identité sonore et une identité visuelle, que vous travaillez avec soin : au chant, l’antagonisme est omniprésent, entre douceur et mélancolie douloureuse ; de même que visuellement, la beauté émane du noir Pethrolien. N’est-ce pas ?

Oui, “Pethrol” est un nom court et simple à mémoriser, il amène à penser à une source énergétique rare et qui possède beaucoup de valeur. Visuellement aussi, il s’agit soit de la couleur “noir de jais”, profonde et épaisse, soit de faire référence au dégradé de couleurs reflété par l’essence liquide.

Qu’est-ce qui vous a amenés à ce parti pris artistique ? La question est valable pour tout ce qui touche au lyrisme du groupe, aux paroles, qu’il faut comprendre dans la langue de Shakespeare comme une expérience métaphysique, laquelle ?

L’identité vocale de Pethrol représente un oxymore mêlant douceur et brutalité. Il s’agit d’osciller perpétuellement entre les deux horizons. L’univers textuel du groupe s’aligne également sur ce jeu de contrastes. Les paroles de nos chansons cherchent ainsi à créer une atmosphère propre et personnelle à notre projet. Il s’agit de mélanger l’onirique et le réel, le spirituel et l’initiatique, le poétique au violent, enfin.


Sans coller des étiquettes, comment pourrait-on définir la signature musicale de Pethrol ? À première vue, c’est un savant mélange de plusieurs influences, lesquelles ?

Il est bien sûr très difficile pour nous d’enfermer notre signature musicale sous le chapeau d’un genre unique, ceci du simple fait que notre travail évolue sous la forme d’un laboratoire. S’il fallait essayer pourtant, je dirais que notre essence artistique baigne dans l’Electro-Pop. Le public nous classifie parfois aussi comme un groupe Indie-Electro.

Vous avez fait quelques scènes. La scénographie fait-elle partie intégrante du projet ou tout ça vient s’y greffer petit à petit ?

La scénographie n’a pas été directement à la base du projet, mais cela a tenu d’un manque de moyens et de temps à la naissance de Pethrol. Notre volonté est clairement de mettre en place une performance scénique de taille, qui permettrait aux machines de prendre de l’ampleur. Notre idée est de trouver un compromis hybride entre l’homme et la machine.
Nous préparons à la fois des costumes et des supports vidéos qui viendront s’ajouter à notre attirail actuel. Nous souhaitons mettre en place un décor reflétant l’éclectisme de notre musique.

Est-ce qu’on va vous voir prochainement sur scène d’ailleurs ? Hormis la sortie du clip de Chess, avez-vous des nouvelles releases au programme ?

Nous avons joué à Paris au 114, le 11 mai, quatre jours avant la sortie du clip (aujourd’hui) et nous nous installerons au Marché Gare, à Lyon, pour une résidence les 21 et 22 mai. Notre premier EP, Black Gold, sortira début juin sous forme de clefs USB customisées. Celui-ci sera en vente en ligne sur le site de la structure TACT, ainsi qu’à la fin de nos concerts.
Nous préparons une mini-tournée qui fera suite à cette sortie d’EP. Nous avons des dates importantes qui arrivent, mais qui sont à confirmer. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant !


Voilà une question subsidiaire, mais le groupe est-il signé chez un quelconque label/producteur ? Comment fonctionne Pethrol de ce côté-là ?

Le groupe Pethrol est représenté par le Pôle Musique de la structure TACT. C’est par son biais qu’a été développée notre stratégie de communication.
Notre objectif à long terme est clairement de vivre de notre musique. Pour nos projets, nous avons pris le réflexe de travailler en coproduction avec plusieurs structures partenaires et/ou mécènes. C’est ainsi que nous avons pu dégager des fonds pour financer le tournage du clip de Chess et pour l’édition de notre EP Black Gold notamment.

Comment travaillez-vous au quotidien ? Autant pour préparer le live que pour composer, bosser l’image du groupe sur le Net, tout ça représente pas mal de taf’…

Nous travaillons beaucoup, et au quotidien la synergie positive est totale ; une réelle effervescence s’est créée au sein de notre équipe et nous avons pris nos habitudes.
Je compose et chante depuis les textes rédigés par notre parolier. Je crée la mélodie et les accords en fonction des symboliques et des sens de l’écrit. Cédric Sanjuan, notre batteur, m’accompagne dans ce processus de composition, il apporte ses idées et sa touche personnelle. Les morceaux sont ensuite enregistrés dans le studio professionnel de notre ingénieur du son Nicolas Roulet.
Enfin, j’ai déterminé une ligne graphique qui représente notre identité visuelle. C’est alors Guillaume Héritier, chargé de diriger notre communication, qui prend le relais en développant notre image sur le web par le biais des réseaux sociaux, des plateformes musicales et vidéos, et des différents magazines en ligne qui sont désormais nos partenaires récurrents. En parallèle à ce processus de création artistique, Grégoire Potin, notre booker, travaille lui comme un électron libre et nous propose régulièrement des dates de qualité. Grégoire fait partie intégrante de notre projet de développement et de pérennisation.

Pethrol : Soundcloud / Facebook / TACT
Crédits photo : Zoé Brunet-Jailly.

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