N'to


Véritable magicien des sons et des émotions, l’artiste français N’to était convié à jouer au Ninkasi en janvier, lors d’une soirée Mauvais Genre organisée par Ed’n'Legs. On en a alors profité pour discuter avec lui juste avant son concert, et c’est un artiste plus que complet qui nous a répondu, aussi honnête et simple dans son discours que dans sa démarche.
 

 

Comme d’habitude, cette interview sera garnie de lecteurs comportant une sélection des morceaux de N’to, afin d’accompagner votre lecture en musique et de vous proposer un aperçu de son univers. On commence par un de ses plus grands succès, à savoir The Sand Dealer :

 
D’où vient ton nom N’to ?

N’to ça vient de mon prénom, Anthony. Mes potes m’appellent Antho, donc avec l’accent ça devient N’to. Je ne suis pas allé chercher bien loin. À l’origine je faisais de la musique avec un pote qui s’appelait Paulo, on voulait faire un truc qui s’appellerait Paulo & N’to, au final j’ai gardé le N’to.

 
On va gagner du temps, j’ai lu d’autres interviews de toi où tu disais avoir des influences Rock des années 70, tout ce qui est Rock psyché et que tu es passé à l’Electro grâce à l’album Everything Everything d’Underworld. Aujourd’hui, après tout ça, quelles sont tes influences ?

Maintenant c’est parti un peu dans toutes les directions. C’est plus vraiment Electro, c’est plein de trucs parce que je suis passé également par beaucoup de Jazz, de Rock, de Pop, d’Eletro-Rock, du Reggea même, vraiment de tout. Mes influences en musique électronique actuellement ça serait plus quelque chose qui s’apparente à de la Deep House, un peu à la Breamer, Niconé, Rodriguez Jr. Toute cette House actuelle et assez musicale, ça m’intéresse beaucoup. Je fais aussi beaucoup d’Electro acoustique chez moi, avec des guitares et des pianos. Je suis beaucoup influencé par des groupes comme Air, Sebastien Tellier ou des groupes de Rock Pop comme Revolver. Vraiment de tout en fait. Donc c’est un peu dur de se canaliser parce que j’ai plein d’envies, du coup j’essaye de centrer tout ça dans l’Electro mais j’arrive pas à tout combler. Plus tard j’aimerais bien avoir un groupe, jouer avec de vrais musiciens. Ça pourrait ressembler à du Air ou même à du Wax Tailor, mais toujours avec une bonne patte Electro parce que j’aime bien la puissance que ça donne.

 
Avec quoi produis-tu ?

Je produis avec Ableton Live, j’ai aussi un micro pour enregistrer des sons et un clavier midi, même si j’en sers assez peu. Mais c’est que du virtuel, je n’ai pas de hardware. Je me sers très peu de VST d’ailleurs. Je me sers pas mal de banques de samples et Ableton permet vraiment de faire un bon travail sur les samples, de déstructurer les choses et d’amener des grains de son assez surprenants.

 
Quel est le point de départ d’un morceau ?

Ça dépend, parfois c’est un titre de morceau qui m’évoque un truc que j’ai vécu ou qui me plait. Parfois je pars avec une idée musicale en tête, un gimmick ou une mélodie, quelque chose que j’imagine et que j’ai envie de retranscrire. Parfois je pioche juste dans des banques de sons, j’en pose quelques uns que je trouve cools et j’essaye de voir ce qui va venir après.

 

 
Comment qualifierais-tu ton son ?

Je dirais, pour faire simple, que c’est Techno mélodique. Encore que c’est pas vraiment Techno sur les derniers morceaux, ça part plus sur de la House. On va dire Techno Minimale, parfois House, parfois Electro. C’est assez dur de se ranger dans une case, surtout quand on est un jeune artiste et que tu as envie de tâter différents terrains pour voir dans lequel tu t’exprimes le mieux.

 
Tu as l’air assez proche de Worackls. Est-ce qu’une collaboration est prévue ?

On collabore déjà pas mal dans le sens où on se remixe beaucoup. Ça fait un an et demi qu’on s’est rencontré, on a bien accroché. On s’est rapprochés parce qu’il y a beaucoup de similarités dans nos styles, même si on nous distingue bien l’un de l’autre. Avec Worackls, c’est plus Techno, plus soutenu, il y a plus de puissance. Moi c’est peut-être de temps en temps un peu plus feutré, un peu plus profond. On a chacun remixé nos morceaux phares respectifs, on a fait un morceau en collaboration. On va sûrement en faire d’autres. On a comme projet également de faire notre label ensemble, pour réunir des sonorités communes et puis se permettre un peu plus de choses. Bon, c’est pas encore d’actualité.

 
Quels sont les artistes que tu écoutes le plus en ce moment ?

En artistes connus, j’écoute beaucoup Rodriguez Jr, qui est artiste extrêmement talentueux avec un sens de la mélodie bien à lui. On sent que c’est un vrai musicien, certains mélodies touchent un peu à la musique classique et c’est tellement bon de sentir ça parce que c’est assez rare. J’aime aussi beaucoup, comme je le disais tout à l’heure, Breamer et Niconé. Sinon en pas très connu y’a tEho, signé chez Inlab, chez qui j’ai fait quelques sorties d’ailleurs, et ce qu’il est est vraiment intéressant. Ça fait peut-être 3-4 ans qu’on se connait, on a joué ensemble à Montpellier quelques fois, et j’ai vraiment été séduit par sa façon de faire. Il y a aussi Traumer que j’affectionne beaucoup et qui a vraiment une identité bien à lui. Il y a aussi Willy Real qui bosse avec David Prap, toujours sur Inlab. Il y a aussi un berlinois qui fait de super mixes qui s’appelle Egokind. Y’a aussi Tran, encore un artiste montpelliérain.

 

 
Est-ce que tu as également des projets externes à ta carrière sous le nom de N’to, en sound design par exemple ?

Avant je bossais dans le graphisme avec des agences de pub, également dans la vidéo et l’animation. De fil en aiguille, ils ont appris que je faisais de la musique donc ils m’ont proposé d’en faire pour des vidéos promotionnelles, des courts métrages …etc. C’est une partie qui m’intéresse beaucoup parce que tu dois t’adapter à la demande d’un client. Je dois en faire une fois par mois à peu près. Et puis ça me permet de reprendre la guitare de temps en temps pour des parties acoustiques.

 
Est-ce que tu as un projet de live avec des visuels ?

Carrément ! J’y pense beaucoup et c’est vrai que c’est une plus-value énorme d’avoir un visuel pendant que tu joues. Ça permet d’avoir un truc complet. Pour l’instant c’est vraiment à l’état de réflexion, j’ai pas encore commencé à bosser avec des gens, mais c’est vraiment un truc que j’ai envie de faire !

 
Comment as-tu démarré ton projet Trip-Hop Ento ?

J’en fais toujours des morceaux de ce style là, c’est un plaisir parce que je ressens le besoin de m’exprimer dans cette musique là. Chez moi j’écoute 30% d’Electro et le reste c’est du Jazz, du Classique, de tout en fait. Du coup parfois j’ai des idées qui me viennent d’autres styles, ce qui fait que j’ai besoin de m’exprimer différemment. J’ai démarré les 2 projets en parallèle, finalement c’est plus l’Electro qui a pris donc je laisse ce projet là un peu de côté mais je l’entretiens aussi quand même. Sinon j’ai un autre projet avec un pote qui s’appelle Lazlo, qui est plutôt dans le circuit Electro-Swing. On faisait du son ensemble avant et puis on a pris des chemins différents. Mais là on s’est réunit à nouveau et c’est un projet qu’on commence à bien développer ensemble.

 

 
Dans certains morceaux il t’arrive de placer des parties acoustiques. Est-ce que c’est quelque chose que tu aimerais développer davantage ?

Carrément ! Déjà dans certains de mes morceaux, je place des guitares, des vocales, des trucs un peu plus humains et j’ai bien envie de développer ça pour que ça rende un peu moins froid.

 
Quel est ton meilleur souvenir de date ?

J’en ai 2 en tête. Il y a Cologne en janvier dernier pour une soirée BergWacht dans un club qui s’appelle Art Theatre, c’était un truc de fou ! Un petit club de 400 personnes mais les gens étaient complètement chauds, il y avait une énergie de fou, ils étaient super réceptifs ! Sinon il y a aussi la WeArt de cette année, c’est la plus grosse scène que j’ai faite. C’était sous un chapiteau extérieur, il y avait 6000 ou 7000 personnes, juste après les Birdy Nam Nam en plus. Sinon mon pire, c’est peut-être ma première date. J’ai joué sur PC pour la seule fois de ma vie et j’ai du avoir une centaine de micro-coupures pendant mon live. Depuis je joue sur Mac, avec un contrôleur. (rires)

 
Que peut-on attendre de toi à l’avenir ?

Davantage de collaborations avec Worackls et sinon j’aimerais beaucoup commencer à taffer sur un album. C’est un format qui m’attire beaucoup parce que tu peux raconter une histoire. Et j’ai du mal à me lancer parce que j’ai vraiment envie que ce soit cohérent du début jusqu’à la fin. Et ça pourra me permettre aussi de m’exprimer davantage en acoustique, de faire des morceaux un peu plus expérimentaux que je ne pourrais pas sortir sur des EPs classiques. Il y a quelques sorties prévues, rien de très précis pour l’instant donc ça veut pas le coup d’être dit.

 
 
BONUS : Son remix du morceau When the birds go in the wrong way de Worackls est en téléchargement gratuit, il serait dommage de s’en priver.

 
 
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