Elekt'RhÔne Festival 2011


A l’occasion de cette 3e édition du festival Elekt’RhÔne, organisé comme chaque année par des étudiants de l’EM Lyon, et dont nous sommes, fièrement, partenaires, nous avons eu l’occasion de poser quelques questions au programmateur Jules Rigaud sur les dessous de l’organisation, la mise en place du festival ainsi que sur son ressenti.
 
Pour vous accompagner lors de votre lecture, vous retrouverez des morceaux des artistes présents à la soirée tels que Para One & Tacteel, SebastiAn, Kap Bambino, Madeon et les Beataucue.
 
Comment devient-on programmateur pour Elekt’RhÔne ?

Jules Rigaud : Alors, Elekt’RhÔne est donc à la base un événement organisé par mon école, l’EM Lyon, c’est sa troisième édition, et historiquement il a toujours englobé des membres de plusieurs associations de l’école. Je suis entré par la petite porte lors de l’édition de l’année dernière, aux alentours de fin octobre, et au moment de passer le flambeau à l’équipe d’Elekt’RhÔne 2011, celle de 2010 m’a “recommandé” car je suis un gros passionné de musique électronique et que je commençais a connaître les dessous de l’événement.

 
En tant que programmateur tu as vraiment carte blanche ou tu as quand même quelques contraintes ?

Tout d’abord je dois dire que je n’étais pas seul à travailler sur la programmation. On était une équipe d’étudiants que je “chapeautais”, mais on travaillait surtout main dans la main avec Jean-Marie Sevain, programmateur du festival Pantiero à Cannes et de Génération Spontanée à Lyon, ainsi que Romain et Philippe d’Art Feast qui nous guidaient. Certes, on avait carte blanche, mais malgré tout le Double Mixte est une grande salle et le BDE de notre école investit de l’argent et de l’énergie, donc la seule contrainte que l’on avait c’était de dessiner une programmation qui nous permette de réunir 2000 personnes. Mais a part ça non, la preuve c’est qu’on accueille cette année des artistes sans compromis comme Kap Bambino ou le projet Para One & Tacteel qui est assez expérimental et différent de ce que les deux font en solo.

 
Justement, en parlant des artistes, comment en êtes vous arrivés à cette programmation ?

Ce qu’on voulait vraiment cette année c’est avoir une démarche de festival. On s’appelle Elekt’RhÔne Festival, même si le concert ne tient que sur une seule soirée. On voulait donc avoir comme ligne directrice de proposer un panel assez complet de l’électro d’aujourd’hui et ne pas se limiter à un genre. Après c’est vrai que des noms évoqués, il y en a eu un paquet ! Tu commences par des artistes énormes mais tu te heurtes à des cachets et des frais de transport inatteignables. C’est un peu de ces refus que naissent ta progra’. On a bossé longtemps dessus, presque 6 mois !
Ca a été dur, parfois tu te décourages, tu sautes au plafond quand un type que tu voulais absolument te dis « Oui ». Et puis il y a les opportunités énormes qui se présentent parfois et qu’il faut saisir, comme Madeon ! Il faut remercier Jean-Marie sur ce coup là.

 

 
Peux-tu nous rappeler la naissance du festival ainsi que son but initial ?

Le festival est né il y a 3 ans maintenant, il a été créé par l’initiative du BDE de l’époque qui voulait que notre école ait un événement musical d’ampleur dans la ville de Lyon, qui en compte beaucoup. Le but était aussi d’apporter une visée caritative à l’événement, d’où la collaboration pendant 2 ans avec le Téléthon et notre collaboration cette année avec la Ligue contre le Cancer.

 
Comment ça se passe pour la répartition des fonds entre l’école, le Double Mixte, les artistes et l’association caritative ?

Notre association investit les fonds pour financer l’organisation de l’événement et payer tous les frais, comme par exemple la location du Double Mixte ou les artistes, et sur les recettes de la soirée le BDE récupère une partie des fonds pour rembourser son investissement de départ. L’intégralité des bénéfices est reversée à l’association que l’on soutient, nous ne cherchons pas à gagner d’argent. C’est comme ça qu’on a reversé près de 12000 euros au Téléthon en deux ans. On espère faire aussi bien cette année avec la Ligue contre le Cancer.

 

 
Avec un budget artistes qui semble avoir augmenté non ?

Effectivement car cette année on accueillera un artiste de plus par rapport à l’année dernière !

 
Même si tu ne feras pas partie de l’organisation des prochaines éditions, comment pressens-tu que le festival va évoluer ? Plus d’artistes, plus longtemps ?

C’est un peu ce que j’aimerais oui, ouvrir deux salles ou alors étaler sur plusieurs jours, pour donner de plus en plus de sens à l’expression « festival », et pouvoir faire des grands écarts encore plus importants en terme de programmation.

 

 
Tu avais déjà essayé d’instaurer ça cette année?

Oui, effectivement, mais il faut faire les choses progressivement. Ca me plairait énormément que dans 4-5 ans Elekt’RhÔne ai bien grandi et puisse accueillir de la Dubstep le jour 1, de la Minimale le lendemain intercalé entre de l’Electro grand public et de l’Acid House. Mais ça demande plus de moyens, ça représente plus de travail, donc on fait les choses par étape histoire de ne pas se viander.

 
Vous avez connu un franc succès assez rapidement. En terme de fréquentation, vous avez bien évolué ?

Ca a été plutot stable. De mémoire on a accueilli 1600 personnes la première année et un peu moins l’année dernière, le froid glacial et la neige ne nous ayant pas aidé. Là les ventes ont bien démarré. On trouve les gens assez enthousiastes cette année, la programmation leur plaît, ils aiment l’aspect caritatif donc pour l’instant ils répondent présent. On espère que ça va continuer car on aimerait atteindre la barre des 2000 personnes.

 
Est-ce que l’association aidée joue un quelconque rôle dans l’organisation ou pas ?

Dans l’organisation à proprement parlé non, ils nous font confiance. Ce n’est d’ailleurs pas leur role d’organiser un concert de musique électronique. Mais ils ne sont pas non plus laissés sur le carreau, on les tient au courant de l’avancement du projet et ils seront largement présents le jour J. On leur accorde une vraie visibilité pour sensibiliser une population jeune.

 
Aura-t-on également des surprises le jour J, du genre guest ? Stands spéciaux ? Effets visuels ?

(Rires) Je ne vais pas trop en dire sinon ça ne serait évidemment plus une surprise ! A priori des guests non, par contre niveau scénographie, profil de la salle, on a changé pas mal de choses. Nous aurons 2 lives de Kap Bambino et SebastiAn et donc des effets visuels canons ! Mais bon, vous verrez tout ça le 4 novembre !

 

 
Est-ce que certains anciens organisateurs restent en contact et aident les nouveaux ?

C’est ça le principal défi d’Elekt’Rhone, c’est que l’équipe organisatrice change complètement d’une année sur l’autre. Donc le défi c’est de transmettre un maximum l’expérience que l’on acquiert ! Mais c’est pas toujours facile, car cette année, même si l’équipe de l’année dernière nous a aidé ça n’a pas été évident pour autant. C’est d’ailleurs pour ça qu’on travaille en étroite collaboration avec des professionnels du milieu comme Romain et Philippe d’Art Feast, Jean-Marie Sevain, ainsi que Gregg d’Elektro System qui sont là pour nous guider, nous encadrer.

 
Comment les avez vous contacté ?

Jean-Marie est un ami d’Etienne Guy, qui fait partie de l’équipe de cette année, les choses se sont donc faites très facilement. Pour Philippe, Romain et Gregg, c’est Josquin Farge, le “monsieur Elekt’RhOne” de l’année dernière qui me les a présenté.

 

 
Et est ce que vous avez cherché d’autres endroits que le Double Mixte ?

Effectivement on a étudié plusieurs possibilités, comme le Transbordeur ou Eurexpo. Pour cette dernière, c’était compliqué, surtout pour notre profil, car c’est assez loin du cœur de Lyon, il faut instaurer un système de navettes et les salles là bas sont gigantesques. On était pas sûr que notre renommée soit suffisante pour déplacer 2000 personnes vers un lieu aussi excentré, ce que par exemple un évènement comme Hypnotik peut davantage se permettre. Le Double Mixte était la salle qui convenait le mieux à notre profil.

 
Est-ce que tu aurais quelque chose à ajouter ?

Tout simplement qu’il faut venir nombreux ! Des poids lourds de l’électro d’aujourd’hui, dans une belle salle, pour seulement 21€ et au profit d’une bonne cause comme la Ligue contre le Cancer. Il ne faut pas hésiter ! Et merci à vous pour cette interview !

 

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