DudMode

DudMode est un récent duo de jeunes DJ lyonnais, qui se sont déjà bien fait remarquer par leurs prestations live, marquées par leur efficacité mais surtout une variété musicale riche et maîtrisée, que l’on retrouve également dans leur Idyllic Tapes jouant dans un registre différent et une ambiance beaucoup plus posée. Ayant envie d’en savoir plus sur eux, je leur ai proposé de se présenter d’une part à travers une interview, et d’autre part en leur laissant carte blanche pour une mixtape exclusive.
 

Crédit photo : Marion Nigoghossian / Apéro Sainte Catherine (Basse Résolution)

 
Afin d’accompagner la lecture de cette interview, je vous recommande de lancer leur mixtape via le lecteur ci-dessous :

 
 

Comment vous êtes-vous rencontrés à l’origine ?

Sacha : Au collège. En fait, je connaissais des amis d’Erwan, du coup on a fait quelques soirées ensemble, on s’est rendu compte qu’on aimait bien le même genre de musique et de fil en aiguille, on a commencé à se fréquenter de plus en plus en tant qu’amis et aussi pour parler musique. Ensuite, on a continué dans cette direction.
 
Erwan : C’est venu tout seul, en fait.

 
Comment s’est formé DudMode ? Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer ?

S: Le plaisir de jouer de la musique. En plus, mon grand-frère était DJ résident à une époque, on le voyait faire et les DJs commençaient à entrer dans le système DJ-star… Enfin, pas lui, hein ! (rires) Et nous, qui aimions la musique, on lui a demandé en quoi ça consistait. Et pour être honnête, c’est surtout Erwan qui m’a proposé de me lancer.
 
E: Moi, je voulais vraiment voir ce que c’était de mixer et puis, ça me faisait un peu rêver… Les platines, tout ça, ça m’intriguait, c’était un peu étrange, pas familier. J’ai d’abord voulu comprendre comment ça marchait, puis j’ai voulu tester moi-même. C’est là qu’avec Sasha, on a commencé à essayer et on a commencé à apprendre.
 
S: Le plus marrant dans toute cette période d’apprentissage, c’est qu’on s’est vite rendu compte que ce qui nous plaisait le plus, ce n’était pas forcément de mixer devant un public. Enfin, ça nous faisait plaisir, mais ce qu’on aimait surtout, c’est tout ce travail de jeu avec les musiques, les assembler et finalement, en créer de nouvelles à partir d’autres… On a vraiment pris du plaisir à faire ça. Là où d’autres allaient faire un foot avec des potes, nous on s’appelait et on faisait de la musique.

 

Quelles sont vos influences à tous les deux ?

S: Alors, Erwan était très clubbing et moi, j’étais plus dans la mouvance Boys Noize, etc. On a commencé comme ça et il s’avère qu’il y a eu cette vraie complémentarité entre Erwan – qui passait des morceaux très accessibles – et moi, qui choisissait des musiques un peu plus fermées, en tout cas pas très connues à l’époque. Finalement, la musique qui nous plaisait à tous les deux, c’est celle qui combinait ce côté recherché et très festif à la fois. On aime bien toucher à tout, on essaye vraiment de varier le plus possible, de ne pas s’enfermer dans un style.

 

Ça se voit dans vos mixtapes justement, il y a des moments qui sont très dynamiques, un peu nu-disco/electro et à d’autres moments, il y a des passages deep/deep-house.

E: Même pendant nos lives, parfois, on joue pas forcément les sons présents dans nos mixtapes. Ça peut surprendre, mais on aime bien varier notre mix. On veut vraiment qu’il y ait une évolution pendant le mix.
 
S: D’autant plus qu’une mixtape, c’est un peu comme une dissertation : on choisit un sujet et on voit ce qu’on peut construire autour de ce sujet. On a appelé nos tapes les « Idyllic Tapes », parce qu’elles avaient un côté journée au bord de la piscine ou simplement, ambiance apéro avec des potes. On a donc travaillé sur ce schéma là, avec les musiques qui faisaient partie de notre répertoire – qui est assez large car on aime bien jouer sur beaucoup de styles différents. Finalement, si un morceau est bien travaillé et bien amené, il doit pouvoir passer à tout moment.
 
E: Et puis, chaque style peut être complémentaire avec d’autres. Aucun style n’est enfermé dans une bulle : à priori, tout est faisable.

 

Et justement ce mélange des genres, c’est dû à cette complémentarité entre vous ou c’est juste que vous aimez maintenant tous les deux les mêmes genres et que vous aimez mélanger ?

S: Généralement, Erwan débarque chez moi avec une cinquantaine de morceaux; moi, j’en ai quelques-uns de mon côté aussi et finalement, on refait un tri ensemble pour déterminer ce qui nous plaît vraiment à tous les deux.
 
E: Après, il y a pas mal de morceaux que j’aime et que Sasha n’aimera pas et vice-versa.
 
S: Je dis toujours qu’Erwan est très libre au niveau de ses oreilles, qu’il peut tout écouter et moi ça me perturbe ! (rires) Je lui dis toujours : « Mais mec, tu peux pas écouter ça ! »
 
E: C’est aussi ce qui fait un peu notre force : on a nos points communs et à côté de ça, on essaye de rajouter chacun notre patte personnelle, tout en ayant une ligne directrice de base.
 
S: C’est vrai que le fait qu’on soit très bons potes dans la vie nous aide aussi beaucoup parce que c’est cette complémentarité qui fait notre amitié et qui fait qu’on aime jouer ensemble. Et finalement, j’aime ce qu’Erwan apporte de son côté.
 
E: On se connait par cœur aussi, on sait exactement quand et comment l’autre va réagir à tel instant, dans n’importe quelle situation.

 
Et vous avez déjà eu des petites anecdotes de ratés en live ?

S: On a eu un raté une fois, c’était à l’Electrosun Day, c’était notre première date. J’étais en train de faire une transition et j’étais persuadé qu’elle était absolument parfaite, ça m’étonnait même… Sauf que là, Erwan arrive et me dit : « En fait, mec, rebranche ton casque, c’est horrible ! ». (rires)

 
Electrosun Day c’était donc votre première date en tant que DudMode ?

S: Oui voilà, mais avant DudMode, étant donné que mon frère mixait, il nous faisait parfois jouer pour qu’on voit ce que ça faisait de jouer sur des platines, devant des gens – et pas seulement dans un garage.
 
E: A cette époque, on avait pas encore de nom, ni de projet ! C’était juste pour tester. On s’est vraiment lancés à partir de l’Electrosun Day.

 
Hier vous avez joué après les Crookers, c’était bien ? Vous avez fait d’autres dates ?

S: Ouais, c’était impressionnant ! Niveau technique de mix, c’est propre, fluide. C’est agressif et pourtant, les transitions sont fluides. Et c’est vraiment impressionnant de regarder jouer des gens qui ont autant de bouteille, c’est comme ça qu’on apprend. On a aussi joué à la Fée Verte, aux deux apéros Basse Résolution et on a fait les soirées Baldwin au Life, qui s’appellent les « Sensations ».

 
Sur votre Soundcloud, on voit 3 mixtapes. Est-ce qu’un EP est prévu ?

S: C’est en projet ! En fait, avec Erwan, on s’est dit que certains artistes ont vraiment du talent mais ont tendance à beaucoup s’éparpiller et on veut éviter ça. On s’est dit qu’il valait mieux commencer par vraiment maîtriser le mix et qu’on se lancera dans la prod ensuite. On veut apprendre à mixer comme il faut et en plus, on pense vraiment que le mix peut apporter quelque chose dans le processus de création musicale parce que c’est une étape qui permet un minimum de comprendre comment les morceaux sont faits.

 
Les morceaux que vous produirez seront dans quelle optique ? Bien dansants ou plutôt posés, à la maison ?

S: Erwan et moi avons le projet ambitieux de ne pas sortir un seul track mais un EP complet. Cela nous permettrait de vraiment montrer notre univers, de ne pas nous limiter. On n’a pas du tout d’objectif précis au niveau du genre musical.
 
E : Après, c’est sûr que les tracks qui sortiront seront tous différents. On veut tout de même qu’ils soient bien marqués par la patte DudMode mais on ne veut pas s’enfermer dans un genre en particulier.

 

Quel est votre entourage musical (groupes, collectifs, labels) ?

S: On bosse beaucoup avec Sounds Of Saturn. Pas mal avec Basse Resolution aussi, pour des dates. On aime beaucoup ce qu’ils font mais au niveau du son c’est déjà un peu différent de nous, c’est un peu trop « dark » pour nous. Mais c’est toujours un plaisir de les voir jouer ! Surtout qu’on les connaît depuis le collège aussi. On est également rentrés chez Baldwin dont l’esprit nous correspond plutôt bien à tous les deux. Le projet nous plaisait bien et on aimait les autres artistes dessus. Il y a une sorte d’esprit de famille, on s’aide tous les uns les autres.

 
Qu’écoutez-vous en ce moment ?

S: En général, de bon matin, on commence par un bon gros Gesaffelstein. Et sinon, en ce moment je bloque pas mal sur un truc qui s’appelle Nouvelle Vague, ils font des reprises, y’a du chant et ça me détend.
 
E: Moi je suis plus sur le nouvel album de Surkin, la version remixée. Vraiment sympa ! Surtout le remix de Lose Yourself par Brodinski . Et puis Stade 3 de Mr Oizo, qui est, à mon goût, meilleur que Stade 2. Selon lui, il a été fait à l’arrache mais franchement je trouve que quand il fait des trucs à l’arrache, ça rend mieux que certains albums qu’il a mis des mois à faire, comme Stade 2.
 
S: Le fait qu’il le mette en téléchargement gratuit, ça lui a sûrement donné plus de liberté aussi, ça lui a permis d’aller jusqu’au bout de son projet sans qu’il ait à se préoccuper de savoir si ça allait plaire ou non.

 

Est-ce que vous auriez un lieu rêvé pour jouer ?

S: On en parlait justement ce matin et on se disait, en parlant des Crookers, qu’ils revenaient quand même de Coachella… Ça ce serait vraiment bien !
 
E : Le Melt festival aussi ou même le Social Club, pour faire français. C’est l’une des meilleures salles de France.
 
S: Après les Nuits Sonores aussi, sans se mentir ! On est chauvins ! (rires)

 
 
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