Collectif Basse Resolution


Tout a démarré suite à un de nos articles qui recensait notre sélection des soirées les plus prometteuses à l’occasion de la Fête de la Musique 2011. L’une des soirées vendait un set Techno, dont les noms des artistes ne m’étaient pas familier, mais l’on pouvait sentir la motivation d’un collectif qui “sans culot” déclaraient vouloir “tenter de faire vibrer cette Fête de la musique 2011 au rythme de Techno de Détroit et de la Minimale Allemande“. Résultat, le collectif, répondant au nom de Basse Resolution, a réussi à réunir suffisamment de personnes, malgré les intempéries, pour pouvoir affirmer que cette soirée fut un réel succès !
 
Aujourd’hui, ces jeunes passionnés de grosses basses voient grand et tentent de s’imposer, doucement mais sûrement, parmi les grands noms lyonnais, tout en assumant cette appellation de “collectif artistique”, propre à leur état d’esprit. J’ai donc interviewé le manager, Mohemed Vicente Seifeddine, qui officie également en tant que DJ/Producteur sous le nom de MOJO.
 
Afin de rendre la lecture de cette interview plus agréable et d’en illustrer les propos, elle sera ponctuée de lecteurs Soundcloud où vous retrouverez certains morceaux des artistes du collectif.
 
 

Interview du collectif Basse Resolution :

 
 
Clapotis (re-edit) by MAYDAY!

 
Peux tu me présenter le collectif Basse Resolution, ses membres et son action ?

Basse Resolution : Dans tous les artistes y’a Mojo, May Day, Dan Low, Nailitch et Nicolas Rifo qui est un nouveau membre, qu’on a pas encore intégré, il faut qu’on fasse un peu sa com’. Donc 5 DJ/producteurs. Après on a un infographiste, qui s’appelle Pierre Martel, qui a un style bien propre à lui et qui va taffer toute l’année pour l’identité visuelle de Basse Résolution. En infographiste on a Leo, membre de May Day. Y’a Stan, qui fait sa 2e année de communication visuelle, et gère le côté efficacité visuelle. C’est vraiment un bon pote, il écoute du bon son et fait bien partie du délire. je pense que le mélange des 3, Pierre, Léo et Stan, ça pourra donner un truc de taré. On a aussi un graphiste, qui est graffeur. Le mec s’appelle Basile, il tague sur Croix-Rousse et commence à être bien connu maintenant. Il a un délire bizarre mais ça plait énormément, et c’est impressionnant de voir un mec de 18 ans qui a déjà son art. Dans le collectif, on est une vingtaine. Le 20e qui vient d’arriver, c’est le manager de Nailitch. Avant c’était moi son manager, là je vais passer booker.

 
Sinon l’organisation du collectif, comment ça marche ? Quel rôle à chacun ?

Tone c’est plutôt comm’, marketing, Stan fait de la comm’ avec moi. Pierre, Leo, Eloïs et Paul s’occupent de l’administratif. On a une pote qui fait de la photo pour nous. Moi (Mohamed) je suis le manager, je gère le collectif en interne. Adrien il chauffe l’ambiance, et il amène du matos et son expérience. Eloïs c’est l’ingé son et il gère aussi l’administratif.

 
Un Dia en Valparaiso (Original Mix) by Nailitch
 
Quand est ce que BR a été fondé, quelles étaient les motivations au début ?

BR : Au début on était une bande de potes et au bout d’un moment on s’est dit, si quand Leo et Pierre mixent devant nous et qu’on danse comme des porcs jusqu’à 4h du matin, pourquoi ne pas le faire en vrai ? Donc ça a commencé à partir de là ! Ça c’est Basse Resolution, comment ça a été fait, comment ça s’est constitué. La motivation, elle vient tout simplement du fait qu’on fait beaucoup de concerts, on était tous fans de musique, on était à fond là dedans et très vite on s’est dit qu’on aimerait vraiment être à la place de ces types quoi. Quand on arrivait à la Plateforme, au Transbo ou encore au Ninkasi on avait qu’une envie c’est d’être derrière en train de mixer avec nos potes. Ça part ensuite d’une grosse motivation de ma part, qui a été vite suivie par Stan. On en parlait en soirée entre potes et on s’est dit que ça pouvait le faire, que c’était faisable. Ça c’était en Novembre-Décembre 2010. En février y’a eu la 1ere soirée avec Nailitch, May Day, moi (Mojo) et les potes qui constituent le staff. On s’était lancés une date butoir, entre mi-mai et début juin pour lancer le collectif et faire des soirées.

 
D’ailleurs, tu peux faire un petit rappel des événements du collectifs ?

La 1ère soirée c’était la Spring party. Pour celle là on a loué une cave, et ça a fait une bête de soirée ! C’est ce qui a fait qu’on s’est dit « Allez maintenant on se lance ! ». Y’a même pas eu de comm’ sur Facebook, les gens sont venus par le bouche à oreille, on était 180 personnes ! A cette époque là, la page Facebook de BR n’existait pas encore. C’était la folie, entrée 5€, fumeurs à l’intérieur, alcool fort à 4,50, bière à 2€, 1€ le vestiaire. Ensuite, y’a eu la Fête de la Musique. Ce jour là, il pleuvait, mais on a réussi à ramener 300 personnes en turn over. C’était une des soirées les plus remplies et réussies ce jour là, donc on est plutôt fiers de ça !

 
Atmo by MOJO
 
C’est donc à ce moment là que vous vous êtes lancés. Le nom Basse Resolution, vous l’avez trouvé comment ?

Avant c’était Cassette Concept, mais c’était surtout avec quelques potes à moi. Après quand on est devenu plus nombreux, qu’on a commencé sur Facebook, la question c’était « Est-ce qu’on change de blaze ? » et tout le monde voulait changer. Au début, nous on voulait pas parce que c’était avant tout notre truc à nous, mais après on s’est ouvert et on a dit « ouais allez, on peut changer ». A partir de ce moment là on a cherché, et Pierre Martel a laché « Basse Resolution ». Ca a plu à tout le monde et c’est resté ! Pour le logo, le mégaphone, on s’est réunis et on s’est plus ou moins inspiré de l’univers d’Obey. Ce mégaphone je pense que ça nous va bien parce qu’on est vraiment là pour, pas pour lâcher un coup de gueule, ça serait beaucoup trop prétentieux, mais on arrive pas là pour être un outsider, enfin si en 1ère partie on va l’être, mais on espère aussi que dans 2, 3 ou 4 ans on fasse partie des grands noms à Lyon, et voire en France. On a aussi beaucoup de contacts à l’extérieur, on a des contacts à Ibiza, là on va aussi être branchés sur Montpellier, et également sur Barcelone.

 
Chaman Pt. 1 by MAYDAY!
 
Vous êtes très axés Techno, est-ce que de temps en temps vous partez sur d’autres styles ?

Je pense que comme toute personne qui travaille en tant qu’artiste, dans la musique ou non, tu peux pas ne pas être ouvert quoi ! T’es obligé au bout d’un moment de pouvoir tout écouter ! Après c’est sûr que ce qu’on aime beaucoup dans la musique électronique c’est Deep House, la House, mais pas toute, et après ça on est super axés Techno/Minimale. Et on a la chance de venir tous d’univers différents. Moi j’étais un fana d’électro, je suis tombé amoureux de l’électro ! Pour moi la Techno et la Minimale ça n’existait pas alors que quand tu prends le cas de Mayday par exemple, ils en écoutaient déjà il y a 4 ans de ça et plus. Moi au début j’ai vraiment commencé par Justice, Boys Noize etc… l’electro turbine de l’époque, dAtA, Kitsuné, BNR. Nailitch, lui, sa mère l’amenait aux Nuits Sonores quand il avait 12 ans. Donc le mec il a été bercé à la Techno. Après Flo il est là dedans aussi, mais on va dire qu’il est plus axé saturation, il est Techno mais il aime bien quand ça grésille, quand tu peux sentir la puissance. Pour ceux qui pourront venir à la soirée du 4 novembre, ils verront, c’est de la frappe ! En plus lui c’est que des lives, pas un DJ Set ! Après pour Dan Low ce qu ‘il faut savoir c’est qu’au début il n’était pas dans le collectif. C’est un des meilleurs potes de Nailitch, mais comme on ne le connaissait pas on lui a demandé de faire ses preuves, donc on l’a fait mixer à la Spring Party et il nous a fait un truc de malade ! Donc il a tout de suite été pris. Après pour finir là dessus, y’a Nicolas Rifo, qui vient d’arriver. Donc lui c’est un cas assez particulier parce que c’est un fanatique de musique électronique, mais vraiment ! Le mec était à fond dans la hard tech, et en 3 mois à force de lui faire écouter de la Techno et de la Minimale, à la fin de l’année il en écoutait deux fois plus que moi ! Et à la Spring Party, il nous a tous mis sur le cul ! Ses mix sont vraiment bon.

 
Dan Low – red lead by Dan Low
 
Comment caractérises-tu le son BR ?

Comment le caractériser ? … Pas tous à la fois ! (rires) Déjà tous nos membres sont très à l’affût de nouveaux sons donc en terme de production, on est toujours amenés à repousser les limites, dépasser ce que l’on entend. Donc soit tu t’inspires, et t’essayes de refaire ce que t’entends. Soit tu ajoutes ta petite touche personnelle, ton univers. Par exemple, Mayday, je pense que quand t’en écoutes, tu les reconnais. Après eux comme je t’ai dit ils sont à fond dans cette musique depuis très longtemps donc ils ont commencé à atteindre un bon niveau de production. Là ils en sont déjà à 15 titres en 1 an, et encore si c’était 15 titres médiocres, là on va dire sur les 15 y’en a 5 c’est de la bombe ! Si tu fais écouter du Mayday à quelqu’un, dans une semaine tu lui refais écouter, il va peut-être pas se rappeler du nom mais ça lui dira quelque chose, ça laisse une empreinte ! Après t’as Nailitch, qui produit depuis qu’il a 13 piges et là il en a 19. C’est le mec le plus calé en production, ses prod commencent vraiment à atteindre un bon niveau là ! Si je dois parler de BR à des bookers ou des gérants de salle, s’ils sont axés techno, je leur fait écouter du Nailitch parce que c’est sur qu’ils vont aimer ! BR lui a apporté une bouffée d’air, parce que lui il est dans la Techno depuis ses 14 piges, mais il était tous seul. Dans son entourage, personne n’était dans ce délire là à part Dan Low. Là il a réalisé un clip, ça se passe au Chili, dans une ville qui s’appelle Valparaiso. C’est tout simple, c’est lui qui traverse la ville en bus, jusqu’à la plage, et ça colle parfaitement avec la musique ! D’ailleurs je pense qu’il sera notre première tête d’affiche. Il a commencé énormément de morceaux en « brouillon », qui attendent juste d’être finis. Lui c’est vraiment une valeur sûre pour l’avenir !

 
Lighting by Nailitch
 
On a parlé des clips rapidement, est-ce que vous en avez de prévus, ou de faits, pour des morceaux ?

Pour ça, on a des potes qui sont au Centre Factory (une école de cinéma et de théatre à Lyon), donc forcément on aura des clips qui vont sortir, pour à peu près tous les artistes.

 
Et sinon niveaux partenariats ou même simple affinité, vous êtes proches de qui sur Lyon, collectifs, blogs, labels ?

On est assez proche d’Insomnie, plus récemment de Propagang. On aimerait se rapprocher d’Elektro System. Parce que là vraiment on toucherait au Ninkasi, à de bonnes têtes d’affiche, à du Adam Beyer, Huntermann, Gui Boratto etc Donc ça ça serait vraiment un des projets pour l’avenir. Après on est aussi proche de Puma Production.

 
Working (Re-edit) by MOJO
 
Et donc vous vous occupez exclusivement de musique ?

Non pas seulement. Quand on a rencontré le graffeur Basile, on avait dans l’idée de faire des vernissages, on mettrais notre son tranquille, les gens boivent un verre et profiteraient de l’expo. Ca serait bien dans l’esprit de BR de faire ça, croiser les artistes avec des évènements de ce genre là. Un vrai collectif artistique quoi

 
Vous voulez évoluer comment à l’avenir ? Peut etre devenir un label ?

Ouais on y pense, c’est un peu dans l’idée. Après certains pensaient créer une marque, enfin après c’est un délire, pas tout le monde est d’accord. Faire la totale, un shop/showroom avec de la musique, nos artistes exposés, et le soir tu fais des soirées dedans, c’est un délire, mais ça correspondrait à l’esprit BR. Mais en ce moment c’est quand même plus orga et artistes. On s’est posé cette question, mais on s’est dit que peut être ce serait mieux de ne pas devenir une marque, ou même un label. C’est peut-être ça la force de BR, de pas être sous forme de label, mais tous les artistes qui sortent chez BR restent quoi qu’il arrive sous BR, gardent une empreinte. Et un label ça apporte un côté « appartenance ». Donc pas un label, mais là on se donne 2 ans et on voit comment les choses évoluent.

 
Gervasoni by MAYDAY!
 
Vous avez des dates importantes qui arrivent ? Des vernissages ? Des soirées ?

Ouais on fait un petit vernissage , avec un mec qui va mixer, ça sera une ambiance posée. Pierre Martel s’occupe des visuels pour le vernissage aussi. On va aussi avoir un photographe professionnel présent.
Nailitch au Boston Café le 17 Novembre, et d’autres collectifs nous suscitent pour organiser des soirées au DV1 ou autre. On a un Showcase à la Fée Verte le 4 Novembre avec Mojo, Mayday, Nailitch et Dan Low. Pourquoi pas une soirée BR et on va vraiment essayer de faire venir une grosse tête d’affiche à une soirée, c’est notre prochain gros projet, pour nous imposer. On veut vraiment développer une scène techno minimale lyonnaise, en partenariat avec Insomnie, dont c’est également le projet, et pourquoi pas faire de Lyon un Berlin ! Nan je déconne ! (rires)

 
Si vous pouviez donner une playlist pour faire découvrir la techno aux gens qui ne connaissent pas, à travers des morceaux qui vous ont marqué ?
 
Underworld – Moaner
Paul Kalkbrenner – Azure
Deadbeat – Night Stepping
Underworld – Born Slippy .NUXX
Gary Beck – Egoist EP – Egoist (Speedy J and Gary Beck Remix)
Carl Craig – Angel
Pan Pot – Threesixty
Jeff Mills – The Bells
Dusty Kid – Moto Perpetuo
MICRODISCO – Arcadia – Apparat (Boys Noize remix)
 
Sinon qu’est-ce que vous écoutez en ce moment en dehors de la techno ?

Dur de répondre à ça, perso en ce moment je me suis remis à Ray Charles. Sinon j’écoute beaucoup RJD2. Dub FX aussi ! J’écoute également pas mal de rap US, aux instrus massives, t’as l’impression qu’ils sont 1 million derrière le mec.

 
 

Interview de Nailitch :

 
Durant l’interview, l’artiste Nailitch est arrivé, j’en ai donc profité pour lui poser quelques questions sur sa vision de la musique, sa façon de créer des sons et son parcours musical. Retrouvez un avant goût, avec l’ensemble de ces morceaux ci-dessous :
 
LISTEN TO NAILITCH’S TRACKS by Nailitch
 
 
Comment tu t’inspires pour créer ?

Nailitch : Pour moi la musique, c’est comme si tu racontais une histoire. Y’a quelque chose derrière, c’est vraiment de l’émotion, c’est ça qui m’intéresse dans la musique. La musique électronique est trop vue comme une musique commerciale, du coup dès que tu dis que tu écoutes de l’electro, les gens mélangent, ou n’en font aucune différence.
Je crée souvent quand j’ai vraiment du temps libre, ça me permet de m’évader. Il m’arrive souvent de faire du son avec un but précis, selon mes émotions, l’environnement qui m’entoure, parfois même de sécher les cours comme tout étudiant mais moi je m’éclate sur du son. Je pense être arrivé à une sorte de maturité, parce qu’à une époque je faisais des prods juste pour le plaisir, non terminées, une sorte de brouillon. Comme toute artiste, chacun a sa méthode pour s’évader !

 
Tu as une formation musicale ?

Mon oncle, c’est lui qui ma formé, dans l’écoute, la réflexion, ça serait un peu mon mentor. Depuis longtemps il est dans la musique, il a un parcours musical hallucinant !
J’ai commencé par la basse, ce qui ma permis d’avoir une oreille travaillée, je n’ai pas fait de solfège ni de truc de ce genre, j’écoutais de la Funk, Afro-Funk (Larry Graham inventeur du Slap, Fela Kuti… ) j’ai toujours été passionné par les groupes qui reflétaient un bon style, belle pochettes, bonne gueules de tueurs, puis le plus important, c’est le son qu’ils envoient. Avant de me convertir dans la techno, j’écoutais depuis longtemps tous les style musicaux en passant par la Soul, Rap Old School, Cumbias, Salsa, House …. pour finir sur la Techno.

 
C’est quoi tes origines musicales ?

Je suis passé de Fly and Family Stone, Larry Graham, Georges Clinton, Parliament, Funkadelic. Après j’ai dérivé vers 13ans, j’ai découvert DJ Hell, il a 50 piges maintenant, c’est un papa en Allemagne ! Quand Daft Punk a commencé, ce mec était déjà bien installé dans le milieu.

 
Tu composes avec quoi ?

Un PC, Ableton live, un contrôleur. Aussi deux claviers, un avec lequel j’ai commencé à 25 touches et un autre à 49 touches.

 
Et quand tu commences un morceau, tu fais comment ?

Pour ça, faut partir du principe que chaque son est une fréquence, plutôt basse ou aiguë et, selon son réglage, les sonorités sont larges.
Je crée des rythmes sur plusieurs pistes, en rajoutant des effets, en les arrangeant a l’oreille.
Des fois je tripe, par exemple j’ai samplé la SNCF, et je me suis fait plaisir. J’essaierai de le passer en soirée un jour ! (rires) Sinon pour des idées de sample, j’ai pensé à un nouveau truc par exemple, ce serait d’aller en Amérique Latine, rejoindre des tribus, tout en apprenant leur culture, et de pouvoir en retirer une expérience musicale.

 
On a parlé de clips durant l’interview de BR, en particulier de celui de Nailitch pour son morceau Un Dia en Valparaiso. Découvrez ce voyage, au sens propre comme au figuré, grâce à la vidéo ci-dessous :

 
 
Contacts :
 
Basse Resolution : Page Facebook
MAYDAY : Site // Facebook // Soundcloud
MOJO : Facebook // Soundcloud
NAILITCH : Facebook // Soundcloud
DAN LOW : Facebook // Soundcloud

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