Eden – Le film

C’est ce qui différencie la musique du cinéma. Quand on danse, on est bien certain d’être maître et acteur de ces mouvements qui participent de l’euphorie collective. Assis dans une salle de cinéma (même en très bonne compagnie), on regarde danser les acteurs, ce qui fait que le sentiment et le spectacle sont tout autres.

Parce qu’Eden, qui sortira officiellement en salles mercredi 19 novembre, n’est pas un documentaire-fiction sur la musique, les soirées et en particulier la french touch… il ne nous fera pas ressentir ce qui nous fait vibrer presque tous les week-end en club. Si vous vouliez ou pensiez voir un reportage encyclopédique à la fois sur les raves et l’essor de la french touch, vous allez vous sentir trompés sur la marchandise. Mais à votre décharge vous aurez été bien aidés par les médias, qui en parlent depuis des semaines comme “le film” sur cette époque musicale bien caractéristique. Et en fait non.  
 
Le long-métrage de Mia Hansen-Love raconte plus l’histoire parcimonieusement romancée de Sven, son frère, un des deejay qui a importé le garage en France et qui fait un tabac en mixant cette version chantée de la house tous les week-end pour les “Cheers”. Des soirées qu’il a lui-même crées avec sa bande de potos de toujours. C’est le portrait au cinéma d’un frère qui finit par peiner à prendre soin des gens qu’il aime : d’abord parce qu’il est grisé par ce qu’il fait (qui ne le serait pas), puis parce qu’il est enfermé dans un souvenir d’allégresse qu’il n’arrive pas à retrouver. Ce qui finalement devient “trop”. “Trop de drogue, d’alcool, de fête…”, racontait jeudi soir la réalisatrice à l’avant-première lyonnaise d’Eden, au Comoedia. “C’est à ce moment là qu’on a eu envie de faire le film.”  
 
Alors, bien évidemment, le film baigne dans une quantité généreuse de références à la musique et à la vie nocturne qui sont fort agréables aux spectateurs avisés que nous sommes tous. Le film débute par exemple à la fin d’une rave dans une péniche quand Paul (le héros dans le film, joué par Félix de Givry), un brin chéper, divague dans la forêt voisine sur Plastic Dreams de Jaydee (1993). Avant de prendre rendez-vous pour une autre teuf le lendemain sur une radio libre, comme on pourrait le faire en apprenant par coeur l’agenda de RadioElectroLyon. Le tout rythmé par une playlist de folie qui va de Franckie Knuckles à Octave One, en passant par Daft Punk.  
 
Si bien qu’il y a presque un parallélisme et de nombreuses similitudes entre l’époque du film et celle que nous vivons. Une multiplication des amateurs de musiques électroniques et par conséquent des événements organisés autour. Une passion grandissante pour le son et tous les éléments de notre bonheur qui en découlent. Eden, c’est aussi ce timing-là.

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